Le muguet buccal

Le muguet buccal est une forme de manifestation de la candidose buccale. C’est une infection causée par un champignon appelé « candida albicans ». On l’appelle aussi moniliase buccale. Il se manifeste généralement chez les bébés (surtout entre sa naissance et son 2ème mois), chez les adultes présentant un système immunitaire déficitaire ainsi que chez les personnes âgées.

Les causes du muguet buccal 

Le candida albicans est un champignon de type levure qui peut causer une mycose ou candidose. Il vit naturellement sur notre peau, dans la bouche et le tube digestif ainsi que dans les muqueuses du vagin, mais en très faible quantité. C’est un corps unicellulaire composé de glucides et de levures. Ainsi, les glucides sont les ressources qui lui permettent de vivre. A l’état normal, il est inoffensif pour le corps humain. Au contraire, il aide au bon fonctionnement de notre organisme en se nourrissant des débris de matières organiques mal digérés en décomposition. Dans notre organisme, plusieurs bactéries vivent en harmonie, les unes pathogènes contrôlées par les autres passives, formant une flore équilibrée. Le nombre de levure candida présent est alors contrôlé par des corps défenseurs.

Il se multiplie surtout en milieu humide, acide, oxydé et ayant une température ambiante. A l’état normal, l’intérieur du corps est un milieu privé d’oxygène. Une modification de cet état cause une prolifération incontrôlée dudit champignon pourtant, devenu pathogène, il peut rapidement être dangereux.

Les facteurs de déséquilibrage de l’environnement buccal peuvent être externes ou internes.

Facteurs externes : les médicaments et bains-de bouche

  • Les antibiotiques apportent des microorganismes qui tuent les bactéries chargés de protéger l’organisme et de créer une flore équilibrée. Par ailleurs, une prescription prolongée tue la plupart des anticorps et le contrôle de la mitose des candida albicans n’est plus assuré.
  • Certains médicaments permettent l’oxydation à l’intérieur de l’organisme. Ceux-ci créent un environnement favorable au développement de la levure. On peut citer notamment les antibiotiques, les corticostéroïdes en inhalation, la chimiothérapie et la radiothérapie.
  • Certains aliments apportent aussi de l’oxygène au corps, et la prise en quantité massive peut favoriser la candidose. On peut citer comme exemples les levures pâtissières, le sucre blanc, les fritures, …
  • Les bains de bouche trop répétitifs détruisent la flore interne de la bouche. Les bactéries passives sont les plus vulnérables à ces attaques et sont éradiquées. Par conséquent, la multiplication des levures candidas albicans n’est plus limitée.

Facteurs internes : un système immunitaire faible

Le corps, à l’état normal, se défend contre la candidose. Ainsi, il ne suffit qu’une baisse de l’immunité de l’individu pour que le muguet puisse s’installer.

  • Chez les bébés, le système de défense n’est pas encore mature. Ils sont plus sensibles aux changements et donc sont plus sujets d’attraper le muguet buccal ;
  • En parallèle, les personnes âgées ont un système immunitaire affaibli par les diverses maladies et l’âge, ils sont donc plus susceptibles d’être atteint par la moliniase buccale ;
  • Chez les immuns déficients du SIDA, les atteints d’affection comme le cancer, le système immunitaire est faible et il est favorable à la multiplication incontrôlée de la levure.
  • Une déstabilisation de l’organisme
  • Les personnes diabétiques ont un système favorable à la vie des candida albicans. En effet, ayant un taux de sucre élevé, celles-ci alimentent en glucides les levures ;
  • La fluctuation d’hormones est aussi favorable à l’installation de ce champignon, c’est pourquoi les femmes enceintes y sont plus sujettes.

Symptômes et complications

Il est important de préciser qu’il existe différents types d’infection buccale (appelée aussi candidose buccale) causée par le candida albicans dont la perlèche, la langue noire et le muguet buccal. Tous ceux-ci ont différentes formes de manifestation.

Le muguet buccal se manifeste généralement par des points ou des couches blanchâtres assimilables à du lait caillé sur la langue, sur la paroi interne de la joue. Ces plaques contiennent des levures et lors du diagnostic, le prélèvement de celles-ci permet de s’assurer s’il s’agit effectivement du muguet buccal ou non.

En outre, d’autres symptômes peuvent survenir :

  • Des fissures rougeâtres sur le coin des lèvres et autour de la muqueuse de la bouche ;
  • Des picotements et des brûlures de la langue, de la paroi buccale ou de la gorge à la rencontre du pharynx et de l’œsophage ;
  • Des douleurs locales qui entraînent une difficulté à avaler ;
  • Dans des cas plus aggravés où le champignon atteint les tubes digestifs, la flore intestinale est attaquée et des diarrhées peuvent avoir lieu, voire des vomissements.

Cette maladie est assez légère, toutefois un diagnostic du médecin ainsi qu’un traitement adéquat est nécessaire. Dans certains cas très rare, la maladie peut s’aggraver. Il atteint surtout les personnes atteintes du SIDA ou faisant objet de traitements immunosuppresseurs ainsi que les bébés prématurés. La levure pénètre dans le sang et attaque les organes vitaux du malade. Cette atteinte des organes créerait un dysfonctionnement et peut être mortel au patient. L’infection devient systémique, on l’appelle ainsi candidémie. A ce stade, la maladie peut difficilement être guérie.

Diagnostic et traitement

Traitement médicamenteux

Le diagnostic du muguet se fait par simple observation de la plaque blanchâtre présente sur la langue ou les parois buccales. Un examen poussé peut être effectué pour s’assurer qu’il s’agit bel et bien de la moliniase buccale. Le médecin effectue un prélèvement sur le patient et le met en éprouvette pour effectuer une culture et observer le développement de la levure. Dans les cas de complication, un examen du sang peut être effectué en plus.

Il n’existe aucun vaccin pour prévenir la maladie. Seuls des traitements par des antifongiques peuvent le guérir. Ils sont pris en suspension ou dans des cas plus poussés, en comprimés. Pour les personnes à traitements corticostéroïdes, un bain de bouche à l’antifongique devra être effectué après inhalation.

Le muguet buccal guérit facilement, 2 à 3 semaines de traitement sont prescrites selon l’état du patient. Une amélioration peut apparaître dès le 3ème jour, toutefois, il est déconseillé d’arrêter la médication. Malgré son aspect bénin, il est vivement recommandé de consulter un médecin dès l’apparition des premiers symptômes.

Mesures d’accompagnement au traitement

Afin d’assurer que les levures ne ressurgissent, les mesures d’hygiène suivantes sont conseillées :

  • Eviter d’utiliser des bains-de bouche préfabriqués ou des vaporisateurs ou des pastilles pour l’haleine. En effet, ces produits tuent les microorganismes présents dans la bouche et atteignent surtout ceux qui luttent contre les pathogènes ;
  • Utiliser de l’eau salée pour se rincer la bouche ;
  • Durant la cure, changer de brosse à dent tous les jours, ou au moins tous les 2 jours ;
  • Manger des probiotiques pour retrouver l’équilibre de la flore buccale. Ce sont des aliments qui fournissent des bactéries naturelles inoffensives à notre organisme ;
  • Consommer du yaourt nature. Il fournit des probiotiques naturels. Quoique de faible dose, il pourrait améliorer l’état du malade ;
  • Pour les bébés, il convient d’utiliser de nouvelles tétines et de nouveaux biberons, sinon stériliser ceux utilisés durant le traitement ;
  • Nettoyer les jouets que le bébé porte souvent à sa bouche.

Mode de transmission

La moniliase buccale se transmet très rarement par voie indirecte : même une embrassade a un faible risque de transmission. Cependant, il est préférable qu’il n’y ait pas de contact direct entre les individus sains et infectés. La contamination entre la mère et son bébé est l’exception possible.

La migration du champignon vers d’autres zones est possible (de la bouche aux intestins par exemple). Le retard de traitement ajouté à une bonne humidité dans le milieu et une faible régénérescence des anticorps sont favorables à sa multiplication.

Muguet buccal chez le nourrisson

Le muguet buccal est une infection qui est le plus souvent enregistré chez les nourrissons entre leur naissance et le 9ème mois. Il est bénin même pour le bébé.

Mode de contagion

Le nourrisson peut attraper l’infection à la naissance. Cela est dû à la présence d’une mycose vaginale chez la mère au moment de la grossesse et de l’accouchement. Le nouveau-né ayant encore des anticorps peu développés offre alors un environnement très favorable au développement du champignon responsable. Il contracte facilement l’infection lors de sa sortie de l’utérus de la mère.

L’allaitement est un autre moyen pour le bébé d’attraper la moniliase buccale. La mère est touchée par une mycose des mamelons alors qu’elle allaite. L’organisme unicellulaire migre dans la bouche du petit et se transforme en champignon incontrôlé.

Le muguet et l’allaitement

L’allaitement lie la mère et son bébé. La transmission du muguet peut s’effectuer via ce lien et cela opérant des deux côtés. Le bébé atteint du muguet buccal permet la migration de la levure sur les mamelons de sa mère lors de sa succion et vice-versa, sa mère peut faire contracter une moniliase à son bébé si elle présente des mycoses des mamelons. Dans les 2 cas, tant bien la mère que l’enfant doivent être traités simultanément afin d’éviter la transmission de l’un à l’autre.

Symptômes

La principale manifestation de la candidose buccale du nourrisson est la présence de points blancs sur la langue du bébé. Ils peuvent être confondus avec des résidus de lait. Pour cela, il est recommandé de prendre une compresse et de frotter légèrement sa langue. Les résidus s’en iront plus facilement tandis que le muguet demeure même après que vous ayez gratté avec le bout des doigts.

Il peut aussi être asymptomatique. Dans ce cas, une difficulté à téter et une gêne lors de l’alimentation peut être un signe de présence d’un muguet buccal. En outre, le bébé peut avoir la bouche sèche et boit peu d’eau.

Des complications peuvent avoir lieu si l’infection n’est pas traitée à temps. L’atteinte des tubes digestifs provoque des diarrhées voire même des vomissements chez le nourrisson. Ils peuvent s’accompagner d’érythèmes fessiers (des mycoses au niveau des fesses).

Traitement

Le traitement de la moniliase buccale se fait par des médicaments antifongiques qui sont soit en liquide, soit en comprimés. Ce sont des médicaments qui tuent les champignons ou empêchent leur croissance (selon la dose et le médicament prescrit). Le liquide est pris en bain de bouche avant d’être avalé.

Chez le nourrisson, le muguet buccal peut disparaître sans avoir recours à un traitement médical. Toutefois si le bébé a très mal ou si, après 2 semaines, aucun changement d’état n’a été observé, consulter le pédiatre est indispensable. Aussi, pour éviter une complication, il est conseillé de recourir à un médecin dès les premières apparitions. Mieux vaut contrôler le champignon dès les premiers niveaux d’infection plutôt que lorsqu’elle se complique, ceci étant plus risqué pour le bébé.

Les remèdes utilisés sont des antifongiques présentés en forme de gel ou de pommades à appliquer sur la langue et la bouche du bébé. La mycostatine et le fungizone sont les plus utilisés. S’il présente des érythèmes fessiers, une pommade antifongique doit être appliquée sur les infections.

Mais elle peut se faire par des remèdes naturels :

  • Appliquer de l’huile de coco sur sa langue et ses parois buccales. Les huiles essentielles sont tout aussi efficaces puisqu’elles tuent les champignons ;
  • Laver sa bouche avec de l’eau de bicarbonate après chaque repas ;
  • Ajouter des probiotiques dans sa nourriture.

Prévention du muguet buccal

Eviter le muguet buccal est tout à fait possible, que ce soit pour le bébé que pour les adultes et les personnes âgées. Certaines dispositions doivent être prises pour chaque type de victimes probables.

  • Eviter de faire trop de bains de bouche afin de ne pas éradiquer les microorganismes passifs et garder l’équilibre de la flore buccale. Eviter au maximum d’utiliser des produits de rinçage, le naturel garantit plus la santé buccale ;
  • Ne pas avoir un recours abusif aux pastilles et sprays pour l’haleine ;
  • Pour les personnes portant des prothèses dentaires, les nettoyer le plus souvent possible. Bien nettoyer les gencives et les dents lorsque celles-ci sont enlevées. Et ne pas dormir avec ;
  • Après l’utilisation de corticostéroïdes en inhalation, faire un bain de bouche à l’antifongique.

Afin de protéger les bébés contre la contagion :

  • Si la maman présente des mycoses vaginales, effectuer un traitement avant l’accouchement afin de ne pas le transmettre au bébé ;
  • La maman devrait appliquer une pommade antimycosique lors de l’allaitement. Dans le cas où elle est déjà atteinte, il est impératif suivre un traitement le plus tôt possible. Appliquer une pommade antifongique sur les tétons et effectuer un traitement préventif sur le bébé ;
  • Nettoyer régulièrement et fréquemment les jouets du bébé, surtout ceux qu’il lui arrive de porter dans sa bouche ;
  • Stériliser fréquemment les tétines et les biberons, avec de l’eau chaude ou avec du désinfectant adapté ;
  • Toujours se laver les mains.